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Jeux-Video

25/05/2010

Bayonetta – Welcome to my Fantasy Zone !

Support : Xbox 360 (également converti sur PS3)

Genre : beat-them-all chorégraphique

Développeur : Platinum Games (Japon)

Editeur : Sega

Date de sortie : 29 octobre 2009 (Japon), 5 janvier 2010 (USA), 8 janvier 2010 (Europe)

Hideki Kamiya. Réalisateur de jeux aussi cultes que Resident Evil 2, Devil May Cry, Viewtiful Joe et Okami. Quatre titres qui ont marqué de leur empreinte l’histoire du jeu vidéo. Quatre titres qui, hélas, n’ont jamais figuré dans le panthéon personnel de votre serviteur.

Les premières vidéos de son nouveau projet chez Platinum Games, présentées au Tokyo Game Show (édition 2008) avaient de quoi laisser dubitatif : design aguicheur et mise en scène explosive n’apaisaient pas la crainte de se retrouver face à un énième Devil May Cry

31 décembre 2009, dix-huit heures. Bayonetta est sorti depuis deux mois au Japon ; je n’ai même pas essayé de me le procurer en import. Le voici qui traîne à présent sur une étagère de la FNAC, à peine visible sous des monceaux de Call of Duty… Nouveau projet pour le réveillon : donner une seconde chance aux sorcières de M. Kamiya.

Neuf heures plus tard. Il est trois heures du mat’. Je n’ai pas mangé, je suis épuisé, mais qu’importe : Bayonetta est un grand jeu. Du genre à s’immiscer dans vos rêves, à squatter la moindre de vos pensées. Décors sublimes et oniriques, gameplay subtil digne des meilleurs versus fightings d’Arc System Works (Guilty Gear, Blazblue), boss fights grandioses et déjantés, BGM inoubliables composées (entre autres) par l’immense Hiro-san (Outrun, Space Harrier, Galaxy Force…) ; sans oublier les innombrables références aux trésors rétro du patrimoine vidéoludique… Le nouveau bébé de Kamiya transcende le genre sclérosé du beat-them-all 3D (qui a dit God of War ?) et s’impose comme un chef-d’oeuvre magistral, une magnifique déclaration d’amour au jeu vidéo.

Vous êtes un joueur ou une joueuse doté(e) d’un cerveau et d’un minimum de culture ? Bayonetta n’attend plus que vous…

–  –  –

“INSTANT CLASSIC”

Dès les premiers instants, Bayonetta intrigue. Petite mise en bouche : les “Records of Time”, first contact avec le gameplay sur fond d’exposition (sommaire) du background. Place au “Prologue”, succession de cinématiques étrangement décalées (de l’improbable costume de bonne soeur de l’héroïne au chapelet de grossièretés débitées par son peu viril acolyte), puis carrément délirantes (lancer de flingues acrobatique, massacre angélique comico-sanguinolent et interlude “sucette” sur fond de Fly Me To The Moon remixé…)

La verve et l’outrance de la mise en scène évoquent la caméra de Ryuhei Kitamura (immortel réalisateur de Versus et producteur de Battlefield Baseball) et de son acolyte Yuji Shimomura (action director sur Versus, que l’on retrouve aux commandes des incroyables cutscenes de Devil May Cry 3) – talent et classe puissance dix.

Passées les trois premières heures de jeu, après un florilège de morceaux de bravoure et l’exécution en règle du premier boss, le joueur n’est plus simplement intrigué, il est irrémédiablement séduit… La naissance d’une grande histoire d’amour ? A n’en point douter : nombreux sont les magazines (Famitsu, Edge) et les sites web qui ont gratifié le soft de Platinum Games de leur note suprême.

Les “Torture Attacks” : la classe intégrale !

“TRANSCENDING HISTORY AND THE WORLD…”

Bayonetta est une sorcière, une vraie, capable d’invoquer à sa guise les pouvoirs démoniaques de ses acolytes infernaux. Sa mission : défoncer de l’ange, exploser de l’emplumé et ravager du serviteur divin, si possible avec élégance et finesse – sans oublier quelques punchlines bien senties…

Tour de force de l’équipe de scénaristes (dont Kamiya himself), ce pitch minimaliste n’empêche nullement Bayonetta de nous immerger dans un univers grandiose, foisonnant de détails et de références – métaphysique du Paradis et de l’Enfer (inspirée de la Divine Comédie de Dante), libre relecture de l’histoire médiévale européenne, design “art nouveau” de la cité de Vigrid, emprunté à Antoni Gaudi…

Foin de cinématiques inutiles ou de dialogues à rallonge : nous ne sommes pas dans un Final Fantasy, que diable ! Qu’un boss tente de conter la storyline à notre héroïne, la voilà qui ne tarde pas à manifester son ennui – et ponctue son désintérêt de quelques coups de flingue bien sentis.

La narration dans Bayonetta est avant tout environnementale – les décors magnifiques (notamment lors d’oniriques escapades au Paradis), la bande-son incroyable (mystique et envoûtante lors des flashbacks et des phases d’exploration, tour à tour grandiose et hystérique durant les affrontements les plus démentiels) et l’enchainement de situations paroxystiques (des “Torture Attacks” sanglantes aux “Climax” à base de gigatonnes…) nous propulsent au coeur d’un univers de mystère et de démesure dans lequel aucune cutscene, si virtuose soit-elle, n’aurait pu nous faire pénétrer.

Fortitudo, le premier “patron” angélique à tomber sous les coups de notre héroïne…

“DODGE, DUCK, DIP, DIVE… AND DODGE”

Quelles que soient les qualités de la narration, là n’est pas l’essentiel de Bayonetta. Sa plus grande force ? Sans le moindre doute son gameplay aux petits oignons, fluide, nerveux et dynamique, qui permet avec un peu de pratique (et de skill) de créer de magnifiques chorégraphies de violence et de destruction. Rarement un jeu vidéo (a fortiori un beat-them-all 3D) nous aura donné à ce point l’impression  de parfaitement contrôler le flux d’un combat…

Le secret de cette prouesse ? Kamiya et son équipe ont implémenté dans leur soft une fonction absolument géniale : une esquive exécutable à tout moment d’une simple pression sur la gâchette droite (RT sur Xbox 360, R2 sur PS3). La simple fluidité de cette roulade ô combien féline et stylée procure un plaisir quasi-orgasmique, un sentiment d’invulnérabilité grisant. Un timing impeccable permet même à notre héroïne de faire appel à ses pouvoirs diaboliques pour passer en “Witch Time”, sorte de bullet time qui lui confère un quasi-god mode durant quelques secondes… de quoi poursuivre sa danse de mort et de dévastation.

Revers de la médaille : l’utilisation de ces spécificités requiert une concentration sans faille et des réflexes d’acier : impossible de ne pas constater l’écart abyssal entre une petite partie pépère dans le canapé (pour les adeptes des modes “Easy” et “Very Easy” ou les fans de l’écran de game over) et une game où, tel un warrior du pad, vous serez à l’affût de la moindre frame d’animation, du moindre bruitage qui pourraient trahir une attaque ennemie… La courbe de progression ? Tout simplement monumentale. Maîtriser enfin les enchaînements les plus complexes procure un plaisir incomparable…

Les “Wicked Weave” sont des attaques très efficaces… et spectaculaires !

“I’VE ALWAYS WANTED TO BE A BALD SPACE MARINE…”

Plus encore qu’un excellent titre, bien pensé et bien produit, Bayonetta s’affirme comme un jeu vidéo d’auteur, fruit de l’expérience et de l’inventivité d’une équipe d’authentiques passionnés. La synthèse d’une production value monstrueuse (dont témoigne, entre autres, la qualité graphique incroyable, qui explose à peu près tout ce qui s’est fait sur consoles dites “next-gen” en matière de 3D temps réel) et d’un spirit rétro au goût très sûr, véritable hommage à l’histoire vidéoludique.

Oubliez le fan service complaisant d’un Mario Kart, de la Compilation of Final Fantasy 7 ou de Sega Superstars Tennis, la team de Kamiya se nourrit des classiques pour bâtir son chef-d’oeuvre, elle ne se contente pas de les exploiter “pour quelques dollars de plus”…

Comment ne pas jubiler en écoutant Magical Sound Shower, l’une des légendaires mélodies d’Outrun lors d’une cutscene en voiture décapotable ? Quant à Super Hang-On, c’est carrément une scène entière qui lui est dédiée, soutenue par le thème rock’n’roll dévastateur d’Afterburner. L’apothéose ? Deux séquences entières qui ressuscitent et dépoussièrent le mythique Space Harrier – zique, ennemis et boss à l’appui…

Traitement de faveur pour les hits de Yu Suzuki (Sega oblige) qui n’empêche pas les développeurs de glisser moult références à de nombreux autres titres, de Salamander à Halo en passant par Sonic, Resident Evil ou Prince of Persia.
Bayonetta est bien plus qu’un beat-them-all : c’est un trip halluciné qui se nourrit de la culture et des expériences du joueur pour transformer quelques (dizaines d’)heures de jeu en grand moment de notre existence. Une interaction entre l’oeuvre et le joueur qui dépasse les quelques pressions pavloviennes sur un pad dont se contentent la plupart des softs aujourd’hui : n’est-ce pas le signe que Maître Kamiya est parvenu à créer une véritable oeuvre d’art ?

Attention, arme ultime : les patins à glace démoniaques…

Splendide, riche, enivrant, le titre de Platinum Games est tout cela, et plus encore… Il ne se contente pas d’être un “bon produit”, ni même un “excellent jeu” : c’est un titre culte, une expérience indélébile qui ne laissera aucun gamer indifférent.

S’il vous arrive de vous demander pourquoi vous pratiquez encore les jeux vidéo – après un Tomb Raider insipide ou un Call of Duty nauséabond – lancez une partie de Bayonetta, ouvrez grand les yeux et les oreilles, et admirez le genre de merveille baroque et inclassable que l’esprit humain est capable de produire… Quelque part entre le génie à l’état pur et le portnawak intégral. Enjoy.

Full Score : 10 / 10



A propos de l'auteur

Vanguard





 
 

 

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10 commentaires


  1. Mon jeu de l’année 2009, et accessoirement de la décennie 2000-2010 !
    J’aime bien faire l’américain… ^^


  2. Sekai Kakumei

    Excellent article.
    Le jeu est effectivement magnifique.
    Je suis d’accord sur le fait que, par manque de culture vidéo-ludique, on passe certainement à côté de beaucoup de références qui semble être importante.
    Par contre, ayant vu quelqu’un y jouer et ayant testé le premier niveau, je n’ai pas été du tout emballé. Je n’ai pas insisté. Erreur de ma part ? Peut-être. Mais l’héroïne ne correspond pas non plus à mes “standards”, ça a dû influencer mon jugement.

    Ton article me montre juste que j’aurais peut-être dû insister un peu plus, ou bien être hétéro. Je ne sais pas encore !!


  3. Cher Sekai Kakumei, quelques réactions (en désordre) à la lecture de ton commentaire… ^^

    – Personnellement, l’héroïne ne m’attire pas spécialement (physiquement)… Je la trouve plus classe que sexy, en tout cas ! Ce n’est pas une simple potiche comme on en voit tant dans les jeux vidéo… (Dead or Alive, anyone ? ^^)

    – Tu dis que tu n’as “pas été emballé”.
    D’après ce que j’ai pu lire ici ou là sur le web, un grand nombre de ceux qui n’ont pas accroché à Bayonetta (et n’y ont donc joué que quelques minutes / quelques heures) semblaient trouver le jeu assez vulgos (poses “fesses” et “nichons” de l’héroïne, scènes de torture SM sur les anges…) – au final, ceux qui ont continué malgré cet a priori négatif ont progressivement adhéré à cette esthétique : plus décalée que vulgaire, plus grandiloquente que racoleuse…

    > cf. la discussion sur le forum de Canard PC (ici : http://forum.canardpc.com/showthread.php?t=41316)
    Premier commentaire : “Bah Bayonetta c’est juste une skin “blondasse bonnasse” sur Devil May Cry non ?” ; quelques pages plus loin, plusieurs utilisateurs sont contents que les gens “commencent à piger le délire et le côté hénaurme du truc”…

    C’est un trip de malade, à prendre au premier et au troisième degré à la fois !

    – Hormis le feeling que l’ont peut avoir (ou pas) pour les personnages et l’univers, le gameplay, quant à lui, ne révèle ses subtilités qu’après des heures de pratique : ce n’est qu’à mon deuxième playthrough que j’ai commencé à prendre mon pied sur le système d’esquive…

    Je t’engage donc à retenter l’expérience, d’autant que le tarif du jeu a bien baissé…
    Et je suis ravi que mon article t’ait au moins amené à faire preuve de curiosité envers ce titre ! ^^


  4. Groupie sans cervelle

    Et bah voila, on télécharge la démo et je vais me ridiculiser à essayer ce jeu ! Je suis sure que c’est bien plus dur que d’ouvrir un frigidaire….

    Mais bon, ta verve est séduisante et j’ai donc cédé à l’appel de ton lyrisme!


  5. […] dans Aventures dans le bac "recyclable"… Classement Bayonetta – Welcome to my Fantasy Zone ! (4 votes)Rockstar signe enfin son chef-d'oeuvre (5 votes)Son dernier livre, votre prochain […]


  6. – Tu dis que tu n’as “pas été emballé”.D’après ce que j’ai pu lire ici ou là sur le web, un grand nombre de ceux qui n’ont pas accroché à Bayonetta (et n’y ont donc joué que quelques minutes / quelques heures) semblaient trouver le jeu assez vulgos (poses “fesses” et “nichons” de l’héroïne, scènes de torture SM sur les anges…) – au final, ceux qui ont continué malgré cet a priori négatif ont progressivement adhéré à cette esthétique : plus décalée que vulgaire, plus grandiloquente que racoleuse…
    +1


  7. Il ne faut pas oublier aussi que Bayonetta est sortie à la même période de DarkSiders, et beaucoup ont préféré l’aspect Word-of-Warcraftien du protagoniste… Ceci dit, Bayonetta est passé à 30€, de quoi le tester pour pas trop cher ;).
    Il reste pour moi aussi un de mes jeux vidéo préférés à ce jour.


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