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Jeux-Video

08/10/2010

R.I.P. Konami Computer Entertainment


THE BIGGER THEY ARE…

Konami, éditeur mythique de l’ère 8-bits : Gradius et Salamander dans les salles enfumées, Metal Gear sur MSX, Castlevania sur Famicom / NES, c’était eux. Des chefs-d’oeuvre à la pelle, dont les suites, toujours aussi impressionnantes, ont fait les beaux jours de la Super Famicom / Super NES : on se souvient avec émotion des délirants Turtles in Time et Ganbare Goemon, de Super Contra (Super Probotector dans nos vertes contrées), mais aussi de l’impressionnant Axelay.

L’arrivée de Konami (allié traditionnel de Nintendo) sur Megadrive fit grand bruit en 1992 : de cette collaboration naquirent des jeux mémorables, à l’image de Tiny Toons Buster’s Hidden Treasure, Contra The Hard Corps ou encore Vampire Killer. L’éditeur fut parmi les derniers grands studios à poursuivre jusqu’en 1994 l’exploitation du genre ô combien jouissif du beat-them-all 2D, avec des titres d’exception comme Violent Storm, Metamorphic Force ou encore Gaiapolis ; ce qui ne les empêcha pas de se lancer avec bonheur dans l’aventure des consoles 32-bits. Castlevania Symphony of the Night, Metal Gear Solid, Snatcher, Suikoden, Silent Hill… autant de séries qui ont connu la consécration dans les années quatre-vingt-dix.

L’ère 128-bits fut tout aussi féconde pour l’éditeur japonais… Des valeurs sûres avec les Silent Hill, les Suikoden et les MGS, mais aussi des expérimentations plus originales (les atypiques Shadow of Memories et Ring of Red) ou encore des démonstrations techniques avec les deux Zone of the Enders. Des titres de qualité, donc, malgré un net passage à vide pour la saga Castlevania

Super Castlevania 4, certainement l’un des tous meilleurs épisodes de la série.

…THE HARDER THEY FALL

Et aujourd’hui, à l’ère de la “next-gen” auto-proclamée ? Eh bien… Comment dire… Konami… c’est plus ç’que c’était ! Des éditeurs jap’ comme Sega et Capcom sont parvenus à rester des sociétés de premier plan au sein de l’industrie vidéoludique, mais Konami a peu à peu réduit l’ampleur de ses productions, bien souvent calibrées en fonction du seul marché japonais. Des jeux pour DS (des Castlevania en 2D plutôt passables, les trois Lost in Blue, Suikoden Tierkreis…) et PSP (Metal Gear Acid et Peace Walker, des PES, des Silent Hill) ; et bien peu de gros titres sur 360 ou PS3 (mis à part MGS4 et quelques jeux de foot).

Pis encore, le développement des derniers épisodes en date de leurs séries cultes ont été confiées à des studios occidentaux : Double Helix pour Silent Hill et… les Espagnols de Mercurysteam pour le tout dernier Castlevania Lords of Shadow. Oui, oui, les mecs qui ont commis Clive Barker’s Jericho en 2007 !

UNE PRODUTCTION TRIPLE A ?

Vidéos alléchantes, voice acting signé Robert Carlyle (Franco dans le film Trainspotting, Gaz dans The Full Monty) et Patrick Stewart (Jean-Luc Picard dans Star Trek the Next Generation, le professeur Xavier dans les trois films X-Men), musique symphonique grandiose et présence d’Hideo Kojima (le papa de Metal Gear Solid) au générique : pas de doute, Konami a décidé de nous sortir le grand jeu pour ce premier épisode next-gen de sa saga. Malgré un aspect God of War un peu trop prononcé, on espérait au mieux une bonne surprise, au pire un jeu solide. Manque de bol, on n’aura aucun des deux…

Pas de doute, les Espagnols de Mercurysteam se sont déchirés pour nous proposer de beaux screenshots… Mais où diable est passée l’ambiance Castlevania ?

LE LIVRE NOIR DE CASTLEVANIA

Bien décidé à passer une bonne soirée devant un jeu immersif à défaut d’être grandiose, quelle ne fut pas ma déception en découvrant les multiples défauts du titre ! Petit catalogue de quelques erreurs grossières…

Causons un brin du design : les développeurs ont visiblement essayé de mettre en scène un univers visuel onirique et chatoyant : décors foisonnants (la végétation et les différents  éléments architecturaux sont très réussis), couleurs saturées, effets de lumière stylisés… On y croirait presque, même si Mercurysteam s’éloigne considérablement de l’esprit originel de la saga. Hélas, le character design fait peine à voir (le héros, Gabriel Belmont, deux mètres au garrot, est affublé d’une coupe de gossbô ridicule (une vraie pub pour Jacques Dessange et consorts), son visage est trop lissé pour être honnête et sa tunique rouge flashy n’arrrange rien.

Les monstres sont tout aussi ratés : on devra supporter les wargs pompés sur les films Lord of the Rings, les loups-garous qui ressemblent aux elfes de maison dans Harry Potter, un vieux sage tout droit sorti de Dark Crystal, les gobelins rastas… Esprit de Castlevania, où es-tu ?

Ah ? Ben ? Nulle part, en fait… L’histoire ne se déroule pas en Transylvanie (ou alors on n’en sait rien), le héros s’appelle Belmont parce qu’il aime les montagnes (sic !) et il ne pourchasse pas Dracula. Tout juste trouvera-t-on quelques références à Lament of Innocence (PS2), l’un des moins bons épisodes de la série. Beau bilan !

Côté technique, le jeu se révèle salement aliasé, même en 1080p sur un LCD 40 pouces Full HD. Le frame rate, quant à lui, réussit l’exploit de se montrer misérablement asthmatique (on dépasse rarement les 15-20 images par seconde) malgré des textures quelconques. Textures que l’on n’a fort heureusement jamais l’occasion d’examiner de près, la faute à une caméra fixe particulièrement mal foutue (et fréquemment affectée du syndrome de Parkinson lorsque le héros est à l’arrêt). Le jeu est aussi raté techniquement qu’un Fallout 3 par exemple… Je lui préfère le récent MorphX (Xbox 360) sur ce point, c’est dire !

Tomb Raider, quand tu nous tiens !

Le gameplay ? Vous connaissez Devil May Cry ? Oui ? Eh bien, ne cherchez pas : c’est pareil. Des combos de coups faiblards (qui frappent une large zone) et de coups puissants (qui ciblent un ennemi unique), des attaques “ground” ou “air”, une arme secondaire à distance (dagues, eau bénite… les classiques), de nouveaux enchaînements à débloquer grâce à des points d’expérience… Mais Lords of Shadow réussit l’exploit de proposer des combats bien plus mous que le beat-them-all de Capcom : les coups ne dégagent aucune impression de puissance, on a presque la sensation de taper dans le vide…

Hors des combats, le tableau est tout aussi calamiteux : des Quick Time Events (QTE) partout, indignes même d’un Heavy Rain ! Un boss peut ainsi vous infliger vingt-cinq mille fois la même cutscene au cours de laquelle, gravement blessé, il se régénère de quelques points de vie – tant que vous n’avez pas accompli l’action (pas forcément très logique) prévue par les gentils développeurs. Affligeant.

Mais attendez, ne partez pas ! Je ne vous ai pas encore parlé des énigmes lourdingues et totalement artificielles (en pleine cinématique de “révélations”, hop ! Une petite énigme pour avoir le droit de voir la suite), ni des séquences de plateformes avec corniches qui brillent comme dans le premier Prince of Persia venu ! Il y a même des combats à cheval tellement scriptés qu’ils en deviennent injouables…

“Appuie sur RT pour t’agripper là où ça brille”… Une scène que vous verrez un paquet de fois.

Et l’ambiance, me direz-vous ? Les musiques symphoniques composées par Oscar Araujo sont du plus bel effet, tour à tour lyriques, mystiques et épiques. Tout au plus pourrait-on leur reprocher de ne pas suffisamment piocher dans les mélodies classiques de la saga (Vampire Killer ? Bloody Tears ? Beginning ? Theme of Simon ?) Les doublages, en revanche, sont moins convaincants : Robert Carlyle est honorable, mais Patrick Stewart (qui se contente de lire son texte) campe un narrateur larmoyant et bien peu convaincant (je suis pourant fan de cet acteur !)

Lords of Shadow se prend affreusement au sérieux, et les cutscenes qui se veulent drôles et stylées tombent complètement à plat. Exemple : Gabriel ramasse une grenade lancée par un gobelin et la lui renvoie dans la tronche… *rires*

Certains combats de boss sont l’occasion de se fader des séquences à la Shadow of the Colossus.

CASTLEVANIA KILLER

Après quelques heures de jeu (sur la quinzaine que semble compter la quête principale), impossible pour ma part de poursuivre l’aventure : non seulement Lords of Shadow n’a rien d’un Castlevania, c’est surtout un mauvais jeu – tout court. Il y avait pourtant matière à s’inspirer de chefs-d’oeuvre comme Dracula’s Curse, Rondo of Blood et Symphony of the Night… Mercurysteam a préféré s’aventurer sur les traces de Devil May Cry, God of War et Tomb Raider. Mauvaise pioche.

Konami tente de nous refourguer une production de deuxième zone en la faisant passer pour un produit triple A… Les critiques ricaines ne lui sont pour l’instant pas trop défavorables. En revanche, s’il faut juger le “grand retour” de l’éditeur sur les devants de la scène vidéoludique internationale à l’aune de la performance de ce “Castlevania“, le verdict est clair : Konami n’est plus un éditeur de premier plan, et son âge d’or est bel et bien mort et enterré… Vivement le prochain Dance Dance Revolution !

Note “first contact” : 3 / 10

[testé sur Xbox 360]

Quand “Mon Petit Poney” rencontre “Bella Sara”… Merci à Coleyra pour l’image !



A propos de l'auteur

Vanguard





 
 

 

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4 commentaires


  1. Et même pas un screenshot du cheval bella sarah ! (pas sûr de l’ortho 😀 )


  2. Ben… J’en ai pas trouvé ! ^.^
    Et sinon, c’est “Bella Sara”. *sigh*


  3. Image ajoutée à l’article ^.^
    Thanks !



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