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Jeux-Video

02/10/2010

Dead Rising 2 : Zombie Capitalism

Développeur : Blue Castle Games (Canada), Capcom (Japon)

Editeur : Capcom

Support : PC, PS3 et Xbox 360

Genre : Survival

Date de sortie : 24 septembre 2010 (Europe), 28 septembre 2010 (Etats-Unis), 30 septembre 2010 (Japon)

Dead Rising, c’était un concept culte : un reporter aux dents longues débarquait dans un centre commercial bourré de zombis, prêt à risquer sa peau pour sauver quelques survivants et découvrir la vérité…

Visuellement impressionnant pour l’époque (nous sommes en 2006), le titre de Capcom souffrait hélas de quelques défauts agaçants : personnage principal bien trop rigide, difficulté mal dosée (mort certaine au bout d’une demi-heure de jeu face à trois détenus dans une jeep armés de mitrailleuses… ) Mais surtout l’obligation pour gagner des niveaux de photographier les scènes les plus importantes / violentes / sexy ! Une véritable purge qui aura eu raison de ma motivation à terminer ce jeu (pénibles souvenirs du tutoriel photo, et de ce survivant sautillant qui parvint à ruiner à lui tout seul ma suspension d’incrédulité…)

J’attendais donc Dead Rising 2 avec une impatience mesurée : les Canadiens de Blue Castle Games étaient-ils parvenus à corriger les problèmes du premier épisode ? Avait-il vraiment le potentiel pour devenir un hit ? Interrogations légitimes, qui fort heureusement ne m’empêchèrent nullement d’aller négocier l’achat du jeu l’avant-veille de sa sortie chez mon revendeur…

Fortune City regorge de casinos… De quoi trouver quelques armes improvisées pour le moins inhabituelles !

PAREIL, MAIS EN MIEUX

Passées les premières scènes cinématiques (et leurs pénibles écrans de chargement), comment ne pas être frappé par les nombreuses similitudes entre Dead Rising 2 et son prédecesseur ? Centre commercial infesté de zombis, safe house (accessible via un conduit d’aération) où se réunissent les survivants, soixante-douze heures à tenir avant l’intervention de l’armée, multiples armes (de la batte de baseball à l’ours en peluche géant) à ramasser un peu partout pour se défaire de la foule des infectés… La structure du jeu est parfaitement identique à celle du premier opus.

Arnaque ? Simple version 1.5 déguisée en suite et facturée au prix fort (façon Left 4 Dead 2) ? Que nenni ! Les développeurs de Blue Castle Games sont parvenus à corriger tous les défauts du premier Dead Rising, et nous proposent du coup une expérience beaucoup plus solide et immersive… Le zombie game ultime ?

Pas de doute, il y a des survivants que l’on a davantage envie de sauver que d’autres…

PETITS ARRANGEMENTS AVEC LES MORTS

Le gameplay, tout d’abord : notre héros, Chuck Greene, s’avère beaucoup plus agréable à diriger que son prédecesseur. Le syndrome du “balai dans le cul” semble définitivement écarté, et les différents mouvements (notamment les attaques) du personnage sont beaucoup plus naturels. Traverser une foule de zombis n’est toujours pas une partie de plaisir, mais plus moyen d’accuser les lacunes du gameplay !

La difficulté, quant à elle, a été revue légèrement à la baisse. Rien de scandaleux, aucune casualisation en vue, rassurez-vous ! Un simple lissage de la courbe de progression, qui évite de se manger des balèzes quasi-imbutables avant même de s’être familiarisé avec les commandes… On aura bien droit à d’abominables snipers dans le dernier tiers du jeu, mais rien d’aussi injuste que les infâmes inmates du premier opus.

Attendez-vous tout de même à mourir un paquet de fois : les points de sauvegarde (des chiottes, No More Heroes-style !) sont rares, et les nombreux psychopathes qui traînent dans Fortune City ne vous feront pas de cadeau ! On en viendrait presque à regretter l’absence de checkpoints… Non, je déconne.

Capcom avait déjà annoncé la tendance avec le (très médiocre) portage Wii du premier Dead Rising : les photos, c’est fini ! Une absence de contrainte journalistique qui renforce à la fois la cohérence de la narration et la qualité de l’immersion. On respire…

Il n’y a aucun lance-roquettes dans Fortune City. Mais il y a des tuyaux en plomb et des feux d’artifice…

JUST LIKE MOMMY USED TO MAKE !

Fort heureusement, l’équipe de Blue Castle Games ne s’est pas contentée de peaufiner la formule imaginée par Capcom avec le premier Dead Rising. Au chapitre des nouveautés bienvenues (et accessoirement, le principal argument commercial de la campagne de pub) : la possibilité de combiner deux objets ramassées dans le centre commercial pour créer des armes inédites, souvent débiles et toujours destructrices !

Batte + clous ? Une batte à clous (facile) ! Tuyau en plomb + feux d’artifice ? Un lance-roquettes (plus tendu) ! Lampe-torche + diamant ? Un sabre laser (évidemment) ! Aucun doute, on s’amuse beaucoup à tester diverses combinaisons, toutes plus délirantes les unes que les autres. D’autant que les armes custom octroient un bonus de points d’expérience…

Autre trouvaille très bien pensée et immersive : la fille du héros, Katey, a elle aussi été infectée… Il est donc impératif de lui injecter chaque matin (à une heure précise) une dose de médicament anti-zombification, le “Zombrex”, sous peine de la voir se transformer en créature ignoble… Evidemment, mettre la main sur la seringue magique n’est pas de tout repos et nécessite souvent d’accomplir des quêtes optionnelles assez ardues.

Chuck et sa fille Katey… Mais ? MAIS ? Elle joue à la PSP ?!

LA POLITIQUE DU ZOMBI

Nous sommes donc en présence d’un titre très solide, fun et bien pensé. Capcom aurait pu s’arrêter là. Mais non : le travail incroyable sur l’univers, la réflexion psychologique et le discours politique sous-jacent viennent transcender le genre du Survival et permettent à Dead Rising 2 de se hisser au rang de petit chef-d’oeuvre… Petit tour d’horizon du supplément d’âme d’un grand jeu.

Le premier Dead Rising, très ancré dans un univers contemporain, nous faisait assister à l’irruption du fantastique dans le quotidien : les habitants d’une petite ville américaine se retrouvaient métamorphosées en monstres assoiffés de chair fraîche, et l’on découvrait peu à peu les causes de cette catastrophe. Classique. Ce deuxième volet va plus loin, et se permet de radicaliser le concept : l’histoire se déroule deux ans plus tard, et les Etats-Unis ont appris à vivre avec le virus, et les zombis constituent désormais une donnée environnementale de plus dans une société post-industrielle toujours sous l’emprise des mass media.

Le jeu s’ouvre ainsi sur un show télévisé particulièrement sanglant, baptisé “Terror Is Reality”. L’objectif ? Massacrer avec style le plus de zombis possible, sous l’oeil complaisant de millions de téléspectateurs… Un entertainment sanglant auquel s’opposent des militants pour les droits de l’homme, membres du mouvement “Cure” : pour eux, les zombis sont toujours des êtres humains et doivent être soignés ! Des avancées médicales comme la découverte du Zombrex donnent quelque espoir à leur cause humaniste.

T.K., le présentateur mégalo du show TV “Terror Is Reality”.

Capcom joue à fond la carte de l’anticipation et bâtit un univers cohérent et terriblement réaliste. Une réflexion sur la capacité des sociétés capitalistes à s’accomoder des pires calamités : pauvreté, terrorisme, guerres… On savait les films de zombis très politiques (Dawn of the Dead de Romero en tête, qui se déroulait déjà dans un centre commercial…) Quoi de mieux que des infectés sans âme et sans conscience pour incarner la stupidité et l’aveuglement du consommateur capitaliste ? De véritables moutons de Panurge qui constituent autant de jouets consentants pour les grands labos pharmaceutiques (spoiler alert !) N’est-il pas tentant d’esquisser une analogie entre le Zombrex, indispensable aux infectés pour mener une vie normale, et la généralisation des antidépresseurs dans nos sociétés occidentales ?

Le portrait des survivants n’est guère plus flatteur… Egoïstes, telle cette jeune championne de golf qui exige que le héros risque sa vie pour lui trouver un nouveau club ; cupides, à l’image de ce patron qui entreprend de piller les distributeurs de billets de son casino ; lubriques, comme ce jeune puceau porcin qui mime la pénétration de sa future épouse à l’aide d’une tronçonneuse ; mégalomanes, comme ce magicien meurtrier qui s’offusque que chacun, de nos jours, se pique d’être un critique… L’effondrement des règles sociales suite à la propagation du virus zombificateur agit comme un révélateur des vices de l’humanité, et Capcom ne nous en épargne aucun. Ca fait mal, mais qu’est-ce que c’est bon !

Dead Rising 2 s’impose donc comme un véritable classique, grâce à l’intelligence avec laquelle il traite de sujets que l’on n’attendrait pas dans un jeu vidéo grand public. Beau, fun, intelligent… Avec 200 000 exemplaires vendus en Europe la première semaine, espérons que le succès soit au rendez-vous pour Capcom. On veut la suite !

Full score : 8,5 / 10



A propos de l'auteur

Vanguard





 
 

 

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6 commentaires


  1. Jeu vraiment très bon, avec juste la technique un peu en retrait (merde c’est quoi ces chargements, on a troqué la 360 pour une PS3 ou quoi ?!).

    Sinon, un conseil donnez du Zombrex à Jared, ça fera extrêmement plaisirs aux autres personnes qui vous regarde jouer ! 😀


  2. Le Zombrex est en effet suffisamment rare pour occasionner de vrais choix moraux… Même si pour le coup, cela semble débile de laisser crever la fille du héros au profit d’un tocard de survivant !

    Les décisions quant à l’utilisation de ce médoc dans le dernier quart du jeu ont en revanche un véritable impact sur la fin obtenue…


  3. Groupie sans cervelle

    Il empêche qu’en sauvant jared on a découvert le plus beau costume du jeu …


  4. Nicoloulou_

    AAARGH ! *dois…acheter….jeu* A cause de (ou grace à) ton test vanguard je dois acheter ce jeu ! Je pensais attendre de le trouver d’occaze mais je ne peux plus attendre : ça a l’air top me voilà “teasé” comme rarement (j’ai l’impression d’avoir 15 ans et d’attendre, fébrile, Mortal kombat en matant les screens digitalisés sur les magazines de l’époque * oui bon personne ne nait avec un esprit critique affuté*). ‘Tain mais c’est pas vrai moi qui voulait me calmer niveau budget JV pfff Personne n’a de bonne excuse à me donner pour ma copine car là on a plus de place dans notre cage à poule Parisienne ?


  5. Tu peux toujours acheter Civilization 5 à la place, mais ça ne résout pas ton problème.


  6. Meuh l’autre ! Y’a pas de zombis ni d’arme custom dans Civ5… ^^

    Sans déc, vas-y, Nico, la durée de vie est très honorable, et le jeu n’est vendu que 60 euros neuf (au lieu de 70…)



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