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Jeux-Video

14/07/2010

Sin & Punishment : Successor of the Skies

Support : Wii

Genre : shooter 3D / rail shooter

Développeur : Treasure

Editeur : Nintendo

Date de sortie : 29 octobre 2009 (Japon), 5 mai 2010 (Europe), 27 juin 2010 (U.S.A.)

Gunstar Heroes. Alien Soldier. Guardian Heroes. Radiant Silvergun. Ikaruga. Des titres mythiques réalisés par un studio d’exception : Treasure. Une petite équipe qui a su fédérer un nombre incroyable de fans, prêts à lever le drapeau sanglant des flame wars à la moindre critique envers l’objet de leur culte – l’orthographe de “fan” est parfois étrangement proche de celle de “faf”…

Je dois pourtant confesser mon manque d’enthousiasme pour les productions Treasure : Gunstar Heroes ? Bah ! Rendez-moi mon Contra Spirits ! Guardian Heroes ? Peuh ! Un pseudo-beat-them-all quasi-injouable… Radiant Silvergun et sa suite, Ikaruga ? De petits bijoux de réalisation technique, des parangons de bon goût, mais un gameplay à la limite de la perversion du genre, un blasphème envers les sacro-saints canons du shmup. Gradius 5 ? OK, j’avoue, la synthèse du classicisme de Gradius (et surtout Salamander) et de la patte Treasure produit son petit effet. Le résultat ? Rien de moins que l’un des plus grands shoots de la PS2 aux côtés des monuments de Cave, comme Dodonpachi Dai-Ou-Jou et ESPGaluda. A quand un remake en HD ?

Un multiplicateur de points (qui récompense les chains d’ennemis abattues sans se faire toucher) offre un challenge supplémentaire aux maniaques du scoring.

BIBLE OF DREAMS

Tsumi to Batsu (Sin & Punishment) : Hoshi no Keishousha, pour sa part, connut un lancement fort discret (et exclusivement nippon) en novembre 2000 sur une Nintendo 64 en fin de vie. Les développeurs de Treasure, toujours éclectiques dans leurs réalisations, s’attaquaient cette fois au registre immensément sous-exploité des shooters 3D, dans la veine de Space Harrier, Galaxy Force, Starfox et Panzer Dragoon.

A ceci près que dans Sin & Punishment, votre personnage ne vole pas ; il se contente de courir, mais peut en contrepartie effectuer des doubles sauts pour éviter les tirs ennemis.  Malgré d’évidentes qualités techniques et un fun immédiat, le soft fut critiqué pour sa difficulté inexistante et sa faible durée de vie.

Un semi-échec pour Treasure, qui fort heureusement n’empêcha pas l’équipe japonaise de réaliser une suite (Tsumi to Batsu : Uchuu no Koukeisha), parue sur Wii en octobre 2009 (Japon). Magie du jet lag, la version traduite finit par débarquer en Europe début mai 2010  (presque deux mois avant la version ‘ricaine…)

Sin & Punishment : Successor of the Skies (S&P SotS) est-il parvenu à corriger les défauts de son grand frère ? Est-il en mesure de transcender un genre tombé en désuétude pour séduire le public casualisé du nouvel Entertainment System de Ninendo ?

Les affrontements contre les boss bénéficient souvent d’une mise en scène impressionnante.

HARDER BETTER FASTER STRONGER

Première nouveauté : l’avatar du joueur est désormais capable de voler, et se déplace dans un espace en 2D qui correspond à la surface de l’écran, façon Space Harrier. La visée (qui s’effectue à l’aide de la Wiimote) est quant à elle totalement indépendante des mouvements du personnage. Plus qu’un clone de Galaxy Force ou un “no brainer” comme Virtua Cop, S&P SotS propose une synthèse rafraîchissante entre le shoot 3D et le rail shooter, un genre récemment ressuscité sur Wii grâce à la technologie optique utilisée par Nintendo.

Même si la Wii n’est pas la machine la plus impressionnante du moment, les semi-conducteurs ont énormément évolué depuis les balbutiements 3D de la N64. S&P SotS explose fort logiquement son aîné au niveau visuel et se classe même sans effort parmi les plus beaux jeux du piège à casuals de Nintendo. Une réalisation technique très propre servie par un direction artistique inspirée : décors impressionnants à l’esthétique magnifiée par la mise en scène spectaculaire,  mechanical design splendide béni par la “Treasure touch”, effets de lumière flamboyants et jouissifs des myriades de missiles, lasers et autres explosions…

Seules fautes de goût dans cet océan de réussite visuelle : un chara design en demi-teinte (éternel point faible des productions Treasure – je me souviens avoir vomi devant Guardian Heroes et l’intro de la version Saturn de Radiant Silvergun…) et des cutscenes sans intérêt qui narrent un “scénario” cliché digne des pires planches d’un shonen au rabais…

Le premier Sin & Punishment avait essuyé moult critiques en rapport avec sa difficulté un rien légère ? Qu’à cela ne tienne, les p’tits gars de la boîte de Masato Maegawa ont décidé de relever drastiquement le niveau pour Successor of the Skies. Les emprunts aux shmups sont légion, et le jeu n’hésite pas à lorgner du côté des manic shooters, avec des patterns bien denses comme on les aime et des phases d’esquive pure. D’autres phases reprennent le gameplay de Radiant Silvergun et Ikaruga pour des séquences “puzzle shoot” lors desquelles le décor labyrinthique se transforme en piège mortel – typiquement le genre de passage insupportable dans un shmup, mais qui se révèle très adapté au genre atypique de Sin & Punishment.

Des références hardcore qui n’ont pas empêché les dévs d’affubler les personnages d’une hit box monstrueuse qui rend toute esquive éminemment délicate. Seules compensations ? Une (maigre) barre de vie qui permet d’éviter le game over instantané et la possibilité d’effectuer une esquive “safe” qui immunise le héros ou l’héroïne durant quelques microsecondes (think Bayonetta). Entraînement intensif à prévoir pour les courageux qui essaieront de le one-crediter…

Une séquence de poursuite motorisée particulièrement stressante…

POUR LES MANIAQUES DU MANIC ?

Les pro gamers vous le diront, pour venir à bout d’un manic particulièrement corsé, il est impératif de se concentrer en premier lieu sur l’esquive du danmaku, le fameux “rideau de boulettes” qui ne manquera pas de tomber sur le coin de la tronche du joueur ravi dès les premières secondes de jeu. Comme le scrolling demeure unidirectionnel et que la dispersion de vos tirs est toujours prévisible, le côté “shooting” se limite à conserver une consience périphérique de ce qui se passe à l’écran en-dehors des quelques pixels carrés qui entourent votre hit box ambulante.

Dans S&P SotS, en revanche, Treasure pousse le vice jusqu’à obliger le cobaye joueur à gérer à la fois les déplacements (au stick analogique) et les esquives (Z) côté nunchuk, et la visée (pointeur de la Wiimote), les tirs (pression maintenue sur B), les coups d’épée (pressions rapides sur B) et les super bombes (maintenir A pour charger) côté Wiimote. Concentration surhumaine indispensable ! Votre corps calleux va en baver pour synchroniser les infos entre les deux hémisphères de votre cerveau… Fort heureusement, jouer à deux permettra d’obtenir le renfort bienvenu d’un gunner supplémentaire (le player 2 ne dispose alors que d’un tir standard) ou de se partager le travail en prêtant la moitié de la manette à son (sa ?) partenaire… Pratique pour éviter toute surchauffe corticale !

L’influence des manic-shooters… S&P SotS pouvait-il être à meilleure école ?

Sin & Punishment Successor of the Skies réussit le petit miracle de fusionner deux genres (que beaucoup pourraient juger quelque peu limités) et piocher ses inspirations aux sources les plus nobles pour offrir une expérience intense et motivante, un ride frénétique qui parvient néanmoins à rester (relativement) accessible – on apprécie la présence du mode co-op’ qui permet à un(e) partenaire moins hardcore d’assister le player 1 tout au long de l’aventure…

Sans conteste, un incontournable de la ludothèque Wii , qui démontre une nouvelle fois (aux côtés, entre autres, de No More Heroes et House of the Dead Overkill) que la brique de Nintendo n’est pas réservée aux casual gamers. 20 000 misérables exemplaires en Europe (et 90 000 dans le monde entier) pour ce petit chef-d’oeuvre : si vous n’êtes pas totalement allergique au genre, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Full score : 8 / 10



A propos de l'auteur

Vanguard





 
 

 

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6 commentaires


  1. Un jeu vraiment sympa avec un scénario a couper le souffle, dommage que le niveau de difficulté soit hyper fastoche… 😀


  2. Dois(je percevoir une certaine dose de moquerie dans tes propos ? ^^

    C’est pas beau de se moquer des visiteurs du site !


  3. Nicoloulou

    Il a l’air pas mal ce petit shooter (à mon avis ça doit donner des convulsions si on y joue trop longtemps) ! J’ai pas de Wii dommage…House of the dead overkill c’est pas ce bijou de second degré réalisé façon film (nanar ?) de zombie ? En tous cas bravo elle en a quand même dans le ventre la wii, les screens sont spectaculaires !


  4. Pas mal les screens pour du 480p, hein ? ^^

    Et oui, House of the Dead c’est bien ce monument de bon goût façon Planète Terreur et autres vieux films d’exploitation Grindhouse… Avec des dialogues de fou, très tarantinesques, entre les deux héros… Et ce black qui balance quatre ou cinq “fuck” ou “motherfucker” à chaque phrase…

    La zique est dans le même bon esprit ! A essayer d’urgence ! A quand le test su Come Get Some ? ^^


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