Review

Le conflit en Irak a souvent été utilisé comme thème cinématographique (American SoldiersRedacted, ou Dans la vallée d’Elah ; mais aussi l’évocation faite par Michael Moore dans Fahrenheit 9/11).

Dans Green Zone, le réalisateur Paul Greengrass met en scène Matt Damon, dans le rôle de Roy Miller, envoyé avec son unité à la recherche d’Armes de Destruction Massive (ADM) sur le territoire irakien. Baladés de site en site sans résultat aucun, ils pensent être face à une terrible machination. Miller décide alors de découvrir la raison de leur présence en Irak et se retrouve confronté à une étrange vérité…

 Le casting de cette production n’est pas énorme, hormis la présence toujours aussi perçante de Matt Damon qui emmène le film dans toute sa longueur. Le rôle de soldat lui va plutôt bien, même si on le préfère dans des interprétations plus dramatiques, comme Will Hunting ou la trilogie Jason Bourne (les deux derniers étant été réalisés par le Paul Greengrass). On y retrouve aussi Amy Adams (L’Echange) jouant la journaliste naïvement trahie.

 

affiche-green-zone-224x300L’histoire en elle-même traite d’un sujet encore sensible aujourd’hui (7 ans après le début de la guerre officielle en Irak) et qui dérange, du moins politiquement parlant. Les ADM étant censées être le point de départ du deuxième assaut en Irak, après la chute de Saddam Hussein, on imagine la difficulté de rester neutre pendant la réalisation. Ce que ne fait pas Greengrass, connu pour son goût pour la docu-fiction. Il s’engage ici à raconter, pour lui, le véritable plan machiavélique instauré par le gouvernement Bush de l’époque. Il propose au public une piqûre de rappel. Le film est très bien ficelé, malgré quelques explosions un peu trop répétitives. On nous montre un Bagdad saccagé par les bombes et une population méfiance face à l’armée américaine.

 Personnellement, je reproche quelques points au film. Tout d’abord, son titre, Green Zone. Ok, il fait état d’institutions politiques se situant dans cette zone, mais hormis les quelques scènes mondaines près de la piscine, il n’y a pas de vraies comparatifs avec la zone verte mise en place dans la ville, comme “camp retranché” pour les militaires et personnalités lorsque les affrontements se sont avérés continuellement violents.

Et puis, le film ne va, pour moi, pas au bout des choses. Il n’est sûrement pas évident de mettre en scène une telle supercherie en évitant de dénigrer le peuple américain, mais en montrant du doigt les hauts dirigeants US. Le film reste très évasif, et l’intrigue se fait finalement très rapide (avec pourtant 1h55 d’images !).

 Le scénario est bon, l’acteur principal a su se sortir de son précédent “grand rôle”, mais il manque ce petit quelque chose qui vous fait avoir des frissons face à de telles révélations.



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Kichette