Review

Tiré d’une bande dessiné que je ne connais pas, d’une période politique sur laquelle je n’ai pas de connaissance particulière, à savoir le début des années 2000. Je n’étais pas spécialement partant à l’idée d’aller voir ce film, un film français en plus. Ce n’est pas que je n’aime pas les films français, mais en général, je vais au cinéma pour me vider la tête et réfléchir un minimum… Et oui, je suis un cinéphile qui veut du rêve, pas de la réflexion et un film français qui s’appelle « Quai d’Orsay » pour moi, c’était le genre de film à éviter à tout prix. Le genre de film barbant qui se prend au sérieux et qui nous balance pendant beaucoup trop d’heures tous les méandres de la vie politique française, le tout magistralement relevé par des silences éloquents, des regards lourds et plein d’autres trucs qui font qu’on s’ennuie beaucoup, mais qui donnent aussi l’impression d’être plus intelligent quand on quitte la salle… (Ou pas, mais on peut au moins faire semblant…)

 quai d'orsay

Bref, je me suis finalement retrouvé dans une salle obscure devant un grand écran qui allait diffuser Quai d’Orsay sans trop savoir comment j’étais arrivé là et surtout avec l’idée que j’allais bien m’ennuyer…

Il ne m’aura fallu que quelques minutes pour me rendre compte que j’avais bien tort, parce qu’apparemment, ce film sur la politique est en fait une comédie !! Et une comédie qui me fait rire en plus !! Serait-il possible que cette séance de ciné ne se transformera pas en séance de rattrapage de sommeil en retard ?

Arthur Vlaminck, jeune homme fraîchement diplômé de l’ENA débarque au Quai d’Orsay pour un entretien d’embauche avec Alexandre Taillard de Worms, le ministre des affaires étrangère lui-même (Inspiré de Dominique de Villepin). Après une conversation, ou devrais-je dire, après le monologue génial du ministre, il est embauché et se retrouve plongé dans le monde tordu, tortueux et absurde d’un ministère. Il est chargé du « langage » et doit donc rédiger les discours du ministre tout en composant avec des écueils des plus inattendus tels que des locaux inadaptés, des collègues farfelus et un ministre qui dispense sans cesse des recommandations contradictoires.

 quai dorsay

Le langage est au centre de cette comédie et si les situations sont souvent tordantes, à l’image de ce ministre qui fait trembler les murs et claquer les portes sur son passage, les dialogues sont souvent bien plus savoureux encore. Avez-vous déjà entendu quelqu’un faire un discours magistral sur l’utilisation des Stabilos ? Moi si et c’était magnifique !

Concernant les acteurs, ils sont tous excellent. En particulier Niels Arestrup, qui interprète Claude Maupas, le très calme conseiller du ministre. Raphaël Personnaz, alias le jeune Arthur Vlaminck, récemment vu dans Marius et Fanny de Daniel Auteuil (je le précise parce que j’ai passé une bonne partie du film à me demander où je l’avais déjà vu !) et qui en plus d’être talentueux est plutôt agréable à regarder… Et enfin mon coup de cœur, Thierry Lhermitte qui, en ministre charismatique aux envolées lyriques déconcertantes et accroc au Stabilo, est juste exceptionnel et mérite vraiment le déplacement.

Seul bémol, je dirais que le film tire un peu en longueur sur la fin et aurait sans doute mérité d’être raccourci d’un petit quart d’heure…

 

Finalement, j’aurais passé un très bon moment, j’ai beaucoup rit et devant un film français qui parle de politique, je pense que c’est important de le souligner.

Pour conclure, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais voir en entrant dans la salle de ciné, mais j’en suis ressortit conquis et la tête pleine de ce magnifique chaos que semble être la vie d’un ministère. Mais aussi avec cette étrange impression que la caricature n’est pas aussi caricaturale que cela et que la fiction rejoint peut-être bien plus la réalité qu’on ne le pense… 



About the Author

Sculder