3D Dot Game Heroes : l’avenir est dans le rétro

Développeur : Silicon Studio (Japon), From Software (Japon)

Editeur (pour l’Europe) : Southpeak Games

Genre : Zelda-like old school en 3D

Date de sortie : 5 novembre 2009 (Japon), 14 mai 2010 (Europe)

L’AME DES GRANDS ANCIENS

Zelda, ou l’indétrônable icône d’un Nintendo triomphant… Remember le tout premier épisode, l’original – et surtout, rejouez-y : il frôle encore la perfection plus de vingt ans après sa sortie sur Famicom Disk System et NES ! Sa suite, The Adventure of Link, plus controversée, mais ô combien passionnante, demeure elle aussi indémodable malgré le passage du temps… Quant à Zelda 3, le légendaire A Link to the Past, qui fit les beaux jours de la Super NES, il s’agit sans aucun doute du joyau le plus splendide de la saga – et il date tout de même de 1991 !

The Legend of Zelda, The Adventure of Link et A Link to the Past dans toute leur splendeur rétro…

Avec l’arrivée de la vilaine Nintendo 64, la série a hélas délaissé la clarté et la perfection de la représentation 2D pour se jeter dans les bras d’une 3D encore trop immature (pénibles souvenirs de l’horrible place du village d’Ocarina of Time et de ses mouvements de caméra vomitifs…)

Bref, je n’ai jamais accroché aux épisodes N64 (dont la sortie coïncide étrangement avec l’arrivée d’un certain Eiji Aonuma dans la team de développement…) ; et ce ne sont pas les épisodes sur Gamecube ou sur Wii qui m’auront convaincu de replonger dans l’univers d’Hyrule.

Et les épisodes 2D sur consoles portables, me direz-vous ? Link’s Awakening ? Oracle of Ages / Oracle of Seasons ? Four Swords ? The Minish Cap ? Premièrement, les portables, c’est bien connu, ça rend aveugle (surtout lorsque l’écran est monochrome…) ; deuxièmement, aucun de ces épisodes n’a su selon moi renouer avec le charme des anciens, avec le sentiment de partir pour la Grande Aventure (avec un grand G et un grand A, oui mesdames !)

Traitez-moi de vieux con aigri si ça vous chante (il se peut même que vous n’ayez pas entièrement tort…), n’empêche que passés la trois premiers épisodes, je n’ai jamais accroché à un Zelda. Quelque chose s’est perdu en route…

Le sage (version fille), l’un des six peronnages de base jouables dans 3DDGH.

THE LEGEND OF DOTNIA

Presque vingt ans après Link’s Awakening (des années occupées notamment à se moquer des fans de Nintendo hystériques à chaque annonce d’un nouveau Zelda lors d’un salon international), voici que From Software (l’excellente série des Echonight, les sympathiques Armored Core ou encore l’envoûtant Demon’s Souls) nous sert un 3D Dot Game Heroes (3DDGH pour les intimes) que personne (ou presque) n’attendait.

Son ambition ? Rendre hommage à la grande époque des jeux d’aventure 2D sur console, et notamment au multi-million-seller fétiche de Nintendo. De quoi éveiller l’intérêt de tout retrogamer qui se respecte…

Un overworld très Zeldaïen !

Dès la scène d’introduction, le joueur ravi comprend que 3DDGH fait partie de ces titres qui, sous couvert de second degré et de références rétro, se permettent d’élaborer une véritable réflexion sur le jeu vidéo et son évolution… Au royaume de Dotnia, la bonne vieille 2D ne fait plus recette ; le roi et ses sujets décident donc de se mettre à la troisième dimension !  Un prétexte pour l’esthétique si particulière (et si réussie) du soft, quelque part entre le revival du pixel art et les briques en plastique d’un jeu de construction…

Une ambiance rétro (renforcée par les mémorables mélodies façon chiptunes qui pastichent Zelda ou Dragon Quest) qui n’empêche nullement quelques effets « next-gen » (de lumière notamment) du meilleur goût – mention spéciale au scintillement de l’eau qui parvient à faire cracher ses tripes à la PS3 tout en conservant une animation sommaire, très 8 bits…

Il est possible d’incarner trois classes de personnage différentes, ou d’endosser le rôle de n’importe quel PNJ. De quoi apporter au titre une diversité bienvenue, ainsi qu’un soupçon de rejouabilité !

CA A L’ODEUR D’UN  ZELDA, CA A LE GOUT D’UN ZELDA

Combats en temps réel, absence de points d’expérience, importance de l’inventaire (dont les éléments-clé, comme le grappin, permettent de débloquer l’accès aux différentes régions de l’univers), temples labyrinthiques (truffés d’énigmes) à explorer écran par écran, développement du personnage via l’augmentation des points de vie et de magie (grâce à des « fragments de pomme » qui remplacent les célèbres « fragments de coeur »), nécessité d’acquérir des contenants pour y stocker les potions salvatrices…

Un hommage sous forme de quasi-plagiat, tant les mécanismes de Zelda, des plus généraux aux plus spécifiques, semblent avoir été recopiés à la lettre !

Mais il y a la forme, et il y a le fond : les multiples emprunts et références au grand ancêtre sont d’autant plus savoureux qu’ils entretiennent un subtil décalage – quelques touches d’humour bienvenues qui ne font jamais sombrer le soft dans une triste parodie façon Eat Lead, par exemple…

Il est possible de forger son épée pour la rendre plus large, plus longue, plus puissante – ou pour lui conférer des propriétés spéciales (traverser les murs par exemple !)

L’équipe de From s’est avant tout attachée à nous faire retrouver les good vibes des Zelda eighties, sans pour autant nous infliger leurs limitations techniques et leurs défauts (ou du moins, ce qui pourrait passer pour des défauts vingt ans plus tard…)

3D Dot Game Heroes est au final un petit bijou, finement ciselé, qui réussit le tour de force de faire aimer le retrogaming même aux non-retrogamers – oui, même aux brutes sans coeur qui ricanent devant un jeu old school malgré leurs bons souvenirs…

Lorsque votre jauge de vitailté est au max’, votre épée perd son design « cubique » et devient tout simplement monstreuse !

2 réflexions sur “3D Dot Game Heroes : l’avenir est dans le rétro

  • 11/07/2010 à 12h50
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    On sent clairement l’hommage à chaque recoin du jeu, mais à mon sens la copie est un peu trop une copie, il manque à mes yeux (et de ce que j’ai put en tester) un élément qui le démarque vraiment et qui pourrais le faire passer passer définitvement de la catégorie « plagiat » a celle « d’hommage », là il vacille un peu entre les deux et ça se ressent.

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  • 11/07/2010 à 15h17
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    Teste le jeu plus de 20 minutes et on en reparle… ^^

    L’hommage commence par exemple avec une épée géante qui fait tout l’écran et qui n’emprunte pas le style graphique du reste du jeu… comme pour dire « t’as vu ? Zelda ça aurait pu être ça… »

    Quand on a galéré sur les titres de Miyamoto avec une mini-épée ridicule, on aime !

    Je ne parle même pas des millions d’Easter Eggs (la From Cave !!!) ou des PNJ aux motivations douteuses (sages qui abandonnent leur poste, « héros » des temps passés qui a laissé des messages débiles aux quatre coins de l’univers…)

    Mais merde, j’oubliais : tu pourras pas test vu que tu as juré de ne jamais jouer sur une console Sony ! Nyark ! Nyark ! Nyark ! ^^

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